Marie, une jeune femme dans la vingtaine, consulte pour son hyperémotivité, marquée par des crises de larmes fréquentes, une anxiété constante et une intense réactivité émotionnelle.
La situation et la problématique : Marie consulte parce qu’elle se sent régulièrement submergée par ses émotions. Certaines situations du quotidien ou de ses relations peuvent provoquer chez elle des réactions émotionnelles particulièrement intenses. Elle peut avoir le sentiment que ses émotions prennent beaucoup de place, avec des difficultés à retrouver rapidement un état plus apaisé. Cette intensité émotionnelle peut également influencer sa manière de penser et de réagir : ruminations, inquiétudes, besoin de comprendre ce qui s’est passé ou tendance à interpréter certaines situations à travers ce qu’elle ressent sur le moment. Dans ses relations, Marie peut avoir du mal à exprimer clairement ce qu’elle ressent avant que l’émotion ne devienne trop importante. Elle peut alors osciller entre retenir ce qu’elle éprouve et l’exprimer de manière plus intense qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle consulte avec l’envie de mieux comprendre ce fonctionnement et d’apprendre à vivre ses émotions sans avoir le sentiment d’être constamment débordée par elles.
Son parcours / les éléments marquants : L’exploration de son histoire permet de revenir sur les différentes périodes de sa vie au cours desquelles Marie a appris à gérer ses émotions et à entrer en relation avec son entourage. Nous nous intéressons notamment à la manière dont les émotions étaient accueillies et exprimées dans son environnement familial, ainsi qu’aux expériences relationnelles qui ont pu renforcer certaines façons de réagir.Nous cherchons également à repérer les situations dans lesquelles son hyperréactivité émotionnelle apparaît le plus facilement et les mécanismes qui se répètent d’une situation à l’autre. Cette exploration permet d’identifier certains schémas de fonctionnement qui peuvent s’activer dans les relations ou lorsque Marie se sent en insécurité, incomprise, rejetée ou sous pression. L’objectif est de comprendre ces réactions dans leur contexte plutôt que de considérer l’émotivité comme un défaut ou un trait qu’il faudrait simplement faire disparaître.
Ce que nous décidons de mettre en place : Le premier objectif est d’aider Marie à mieux repérer ce qui se passe avant, pendant et après une réaction émotionnelle importante. Nous travaillons notamment sur : l’identification des émotions et de leur intensité ; les situations qui activent certaines réactions ; les pensées et interprétations qui accompagnent l’émotion ; les besoins qui se trouvent derrière certaines réactions ; les stratégies utilisées pour gérer ou éviter les émotions ; la possibilité de développer d’autres réponses lorsque l’émotion devient trop intense.Un travail spécifique est également consacré à la parole et à l’expression émotionnelle. Marie apprend progressivement à mettre des mots plus précis sur ce qu’elle ressent, à différencier émotion, pensée et besoin, puis à pouvoir exprimer ce vécu avant que la tension ne devienne trop importante. Nous travaillons également sur la manière dont elle peut communiquer ce qu’elle ressent sans attendre d’être complètement submergée.
Les outils et approches utilisés, et l’évolution de la thérapie :
La thérapie des schémas occupe une place importante dans cet accompagnement. Elle permet d’identifier certains modes de fonctionnement anciens qui peuvent s’activer dans les situations émotionnellement chargées et influencer la manière dont Marie interprète ce qui lui arrive. Nous cherchons notamment à repérer les situations qui activent ces schémas, les émotions qu’ils suscitent et les réactions habituelles qui en découlent.
Le travail porte également sur la régulation émotionnelle : reconnaître l’émotion, comprendre son intensité, identifier ce qui la déclenche et expérimenter progressivement des moyens plus adaptés pour y répondre.
Une place particulière est accordée au travail de mise en mots. La parole permet de préciser l’expérience subjective de Marie et de l’aider à différencier ce qu’elle ressent, ce qu’elle pense et ce dont elle a besoin. Ce travail peut également s’appuyer sur des exercices concrets entre les séances afin qu’elle puisse observer ses réactions dans son quotidien et expérimenter progressivement de nouvelles façons de les réguler. L’objectif n’est pas de supprimer les émotions ou de rechercher un état émotionnel constant, mais de développer une relation plus souple avec elles.
Au fil du suivi, Marie apprend progressivement à mieux reconnaître les différentes étapes de ses réactions émotionnelles. Elle peut davantage identifier les situations qui activent certains schémas, mettre des mots sur ce qu’elle ressent et repérer les besoins qui se trouvent derrière l’émotion. Le travail vise ainsi à créer un espace entre ce qui est ressenti et la manière d’y répondre.
L’enjeu n’est pas de devenir moins sensible, mais de pouvoir vivre cette sensibilité avec davantage de repères, de recul et de possibilités d’action, notamment dans les situations relationnelles.
Pauline Lachaud – être soi, au sein de ses relations – Psychothérapie brève à Toulouse & visio (semaine et samedi)





