Jérémy, quadragénaire divorcé, souffre de maux de dos s’étant aggravés après le décès de son père, avec qui il entretenait une relation distante. Ce même pattern d’évitement affecte aujourd’hui ses relations avec ses enfants, qui se sont éloignés, accentuant son fardeau émotionnel.
La situation et la problématique : Au-delà de la douleur physique elle-même, cette période réactive chez lui de nombreuses émotions liées à son histoire familiale et à la relation qu’il entretenait avec son père. Il décrit notamment des regrets, un sentiment d’inachevé et une difficulté à exprimer ce qu’il ressent. Face aux situations émotionnellement difficiles, il a tendance à se réfugier dans le travail et à prendre de la distance avec son entourage. Ce fonctionnement a également des conséquences sur ses relations avec ses enfants, dont il s’est progressivement éloigné. L’accompagnement ne vise pas à rechercher une cause psychologique à ses douleurs physiques, qui nécessitent leur propre prise en charge médicale lorsque cela est nécessaire. Il s’agit plutôt d’explorer le vécu émotionnel et relationnel qui accompagne cette période et la manière dont Jérémy y fait face.
Son parcours / les éléments marquants : L’histoire familiale de Jérémy est marquée par une faible expression des émotions. Son père était décrit comme un homme très tourné vers le travail, attaché à la force et à la capacité à faire face aux difficultés sans nécessairement exprimer ce qu’il ressentait. Jérémy retrouve ce fonctionnement dans ses propres relations. Il évoque notamment les silences familiaux et la difficulté à parler de ce qui était vécu émotionnellement. Le décès de son père constitue un moment particulièrement important dans son parcours. Il fait émerger des sentiments restés jusque-là peu exprimés : attachement, regrets, culpabilité et impression de ne pas avoir pu dire certaines choses. L’exploration de son histoire familiale permet également d’identifier une répétition de certains modes de communication entre les générations, notamment autour de la retenue émotionnelle et de la difficulté à verbaliser les besoins affectifs. Nous faisons le lien entre ces éléments historiques et certaines situations actuelles, sans considérer qu’ils constituent à eux seuls l’explication de ses difficultés ou de ses douleurs.
Ce que nous décidons de mettre en place : Le travail s’organise autour de plusieurs objectifs. Nous cherchons d’abord à mieux identifier ce qu’il ressent et à pouvoir mettre des mots sur des émotions qu’il a longtemps eu tendance à contenir. Nous travaillons notamment sur :
- l’identification et la différenciation des émotions ;
- les situations dans lesquelles Jérémy a tendance à éviter ou à couper le contact avec ce qu’il ressent ;
- les pensées associées à l’expression émotionnelle ;
- les stratégies d’évitement, notamment le recours au travail ou au retrait relationnel ;
- l’identification de ses besoins dans ses relations ;
- sa capacité à communiquer plus directement avec ses enfants ;
- la possibilité de reprendre progressivement contact avec eux dans un cadre réaliste et respectueux de chacun.
Un travail d’écriture est également proposé autour de la relation avec son père. Jérémy rédige une lettre dans laquelle il peut mettre en mots ce qu’il n’a pas pu exprimer de son vivant : affection, regrets, colère ou culpabilité. Une seconde lettre, destinée à ses enfants mais conservée dans un premier temps pour lui-même, lui permet de clarifier ce qu’il souhaite leur transmettre et la manière dont il aimerait faire évoluer leur relation.
Ces exercices ne sont pas présentés comme des actes de « guérison », mais comme des supports permettant de mettre en forme une expérience émotionnelle et de préparer de nouvelles façons de communiquer.
Les approches et outils utilisés, et l’évolution de la thérapie :
L’approche systémique permet d’observer Jérémy dans ses différents systèmes relationnels et de comprendre comment certains modes de communication se maintiennent ou se reproduisent dans ses relations familiales.
L’exploration des transmissions familiales permet de mettre en perspective la place donnée aux émotions dans son histoire familiale et les modèles relationnels auxquels il a été exposé.
Un travail inspiré de la communication non violente (CNV) est utilisé pour l’aider à identifier ses ressentis et ses besoins, puis à les exprimer de manière plus directe dans ses relations.
Les outils cognitifs et comportementaux peuvent également être mobilisés pour repérer les pensées et comportements qui favorisent l’évitement émotionnel et relationnel. L’objectif est notamment d’expérimenter progressivement d’autres réponses dans les situations où Jérémy a tendance à se retirer.
Le travail d’écriture thérapeutique constitue un support complémentaire. Il permet de donner une forme à certaines émotions difficiles à verbaliser directement et de préparer, lorsque cela est pertinent, une communication plus authentique avec ses proches.
Enfin, l’accompagnement reste attentif à la distinction entre symptômes physiques et vécu psychologique : les douleurs corporelles ne sont pas interprétées comme la traduction automatique d’un conflit émotionnel. Le travail thérapeutique porte sur l’expérience globale de Jérémy et sur les interactions entre son vécu émotionnel, ses comportements et ses relations.
Au fil du suivi, Jérémy apprend progressivement à mieux identifier ce qu’il ressent et à reconnaître les moments où il a tendance à se protéger par le silence, le travail ou l’éloignement. Le travail l’amène également à considérer que l’expression des émotions ne signifie pas nécessairement perdre le contrôle ou faire peser ses difficultés sur les autres. L’enjeu devient alors de pouvoir prendre une place différente dans ses relations : être davantage en mesure d’exprimer ce qu’il ressent, de reconnaître ses besoins et de créer des occasions de contact avec ses enfants.L’accompagnement porte ainsi à la fois sur la compréhension de son histoire, ses modes d’adaptation actuels et l’expérimentation de nouvelles façons d’être en relation.
Pauline Lachaud – être soi, au sein de ses relations – Psychothérapie brève à Toulouse & visio (semaine et samedi)





