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Cas pratique

Louise, achats compulsifs, angoisse et sentiment de vide

Louise consulte dans un contexte d’achats compulsifs qui prennent progressivement une place importante dans son quotidien, en parallèle d’une angoisse et d’un vide intérieur de plus en plus prégnants.


La situation et la problématique : Louise décrit une difficulté à résister à certaines envies d’achat, particulièrement dans les moments où elle se sent mal, seule, anxieuse ou confrontée à un sentiment de vide. L’achat peut alors procurer un soulagement immédiat, une excitation ou le sentiment de se faire du bien. Mais ce soulagement est souvent de courte durée et peut laisser place à de la culpabilité, des regrets ou à la sensation que quelque chose reste malgré tout insatisfait. Le comportement peut ainsi s’inscrire dans un cycle : une tension ou un malaise → l’envie d’acheter → l’achat et le soulagement immédiat → puis le retour du malaise ou de la culpabilité. Au-delà de la question des achats, Louise s’interroge sur ce qui se joue pour elle dans ces moments et sur ce que ce comportement vient éventuellement remplir ou éviter.


Son parcours / les éléments marquants : L’exploration de l’histoire de Louise permet de revenir sur son rapport au manque, à la sécurité et au fait de pouvoir compter sur son environnement. Nous nous intéressons aux expériences personnelles et relationnelles qui ont marqué son parcours, ainsi qu’aux situations dans lesquelles elle a pu ressentir de l’insécurité, de l’angoisse ou un sentiment de manque. Le travail permet progressivement d’interroger la place que peuvent prendre certains objets ou achats dans son fonctionnement psychique : que représentent-ils pour elle ? Que ressent-elle avant et après l’achat ? Qu’est-ce qui devient particulièrement difficile lorsqu’elle ne peut pas acheter ? Nous explorons également son rapport à la solitude, au vide et au sentiment de donner du sens à son quotidien. L’objectif n’est pas de considérer l’achat comme le problème unique, mais de comprendre ce qui se joue derrière le comportement et dans quelles circonstances celui-ci devient une réponse privilégiée à un état interne difficile à supporter. 


Ce que nous décidons de mettre en place : Nous commençons par préciser les situations dans lesquelles les achats deviennent difficiles à contrôler. L’analyse permet notamment de repérer : les situations ou états émotionnels qui précèdent les achats ; les pensées et représentations associées ; les sensations d’angoisse, de vide ou de frustration ; ce que l’achat permet momentanément d’obtenir ou d’éviter ; les conséquences émotionnelles et concrètes après l’achat. À partir de ces observations, nous travaillons sur des alternatives permettant progressivement à Louise de ne plus dépendre uniquement de l’achat pour faire face à certaines émotions ou situations difficiles. Le travail porte également sur sa capacité à identifier ce qui se passe en elle lorsqu’elle ressent ce vide ou cette angoisse, et à pouvoir rester davantage en contact avec ces ressentis sans devoir immédiatement chercher à les faire disparaître. En parallèle, nous cherchons à identifier ce qui peut donner davantage de cohérence et de sens à son quotidien, en dehors de la consommation. L’accompagnement cherche également à lui permettre de développer d’autres manières de faire face à ces expériences, tout en poursuivant l’exploration de ce qui, dans son histoire et son fonctionnement psychique, peut contribuer à leur donner une telle intensité.


Les outils et approches utilisés, et l’évolution de la thérapie :

Une place importante est accordée à une approche analytique et psychodynamique. Le travail consiste notamment à explorer ce que le comportement d’achat peut représenter dans l’économie psychique de Louise : ce qu’il vient exprimer, apaiser, compenser ou éviter. Nous nous intéressons aux expériences relationnelles antérieures, aux représentations du manque et de la sécurité, ainsi qu’aux conflits ou mouvements psychiques qui peuvent se rejouer dans le présent. Cette approche permet de ne pas réduire les achats compulsifs à un simple problème de contrôle du comportement, mais de prendre en compte la fonction qu’ils peuvent avoir dans la vie psychique de la personne.

Les TCC viennent compléter cette exploration par un travail plus concret sur les comportements.

L’analyse fonctionnelle permet notamment de repérer les déclencheurs, les pensées et les conséquences des achats afin d’identifier les moments où une autre réponse peut être expérimentée.

Des outils peuvent également être utilisés pour travailler sur : la tolérance à l’inconfort émotionnel ; le délai entre l’impulsion et le passage à l’acte ; l’identification des besoins réels derrière l’envie d’achat ; les pensées qui entretiennent le comportement ; la mise en place de nouvelles stratégies face à l’angoisse.

L’objectif est ainsi d’articuler compréhension en profondeur du fonctionnement psychique et travail concret sur les comportements, sans opposer les deux approches.

Au fil du travail, la question se déplace progressivement du seul comportement d’achat vers ce qui se joue lorsque Louise se retrouve confrontée à l’angoisse, au vide ou au sentiment de non-sens. Elle peut ainsi mieux repérer les moments où l’achat devient une manière de réguler un état interne difficile et commencer à différencier l’envie d’acheter de ce dont elle a réellement besoin à ce moment-là.


Pauline Lachaud – être soi, au sein de ses relations – Psychothérapie brève à Toulouse & visio (semaine et samedi)

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